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24% de la population, 10% du temps de parole : pourquoi l’enfance est un angle mort

Faites le test. Ouvrez un journal, allumez la radio, regardez les sujets qui dominent les débats politiques et médiatiques cette semaine. Combien de sujets concernent directement les enfants ? Pas les écrans, pas les notes à l’école, pas un fait divers. Les enfants, leur quotidien, leur place dans notre société.

Probablement pas grand chose.

Et pourtant : en France, les moins de 20 ans représentent environ 24% de la population. Un quart de la société. Si on appliquait le principe le plus basique d’équité, chacun mérite une représentation proportionnelle à son poids dans la société, l’enfance devrait occuper un quart de nos débats, de nos budgets, de notre attention collective.

Ce n’est pas le cas. Loin de là. Et ce n’est pas anodin.

enfance et médias
@Thomas Brosset

Quand on parle des enfants dans les médias, c’est pour quoi ?

Observez pendant quelques semaines les sujets médiatiques qui concernent les enfants. Le schéma est presque toujours le même : un drame, une crise, un scandale. Un enfant mort, une maltraitance révélée, un système défaillant montré du doigt. La protection de l’enfance n’existe dans l’espace public que dans ses moments les plus sombres.

Ce que ça produit, c’est une association systématique : enfance en danger = affaire de spécialistes = problème à gérer, pas cause à porter. Les professionnels du secteur le disent depuis des années : cette représentation anxiogène et parcellaire nuit autant aux enfants qu’aux travailleurs sociaux qui les accompagnent. Elle réduit une réalité complexe et riche à ses seuls échecs visibles.

Et entre deux drames ? Le silence. L’enfance redevient invisible.

Pourquoi c’est un problème qui nous concerne tous

On pourrait se dire que c’est une question de priorités éditoriales, de goûts du public, de logiques médiatiques qu’on ne peut pas changer. Ce serait commode.

La diffusion médiatique d’un sujet conditionne directement sa place dans le débat politique et dans les budgets publics. Ce qui n’existe pas dans les médias n’existe pas vraiment dans les esprits. Et ce qui n’existe pas dans les esprits ne trouve pas de financement, d’énergie, de vocations.

C’est exactement ce qui se passe pour le secteur de l’aide à l’enfance : des associations qui manquent de bénévoles, de financements, de reconnaissance. Des professionnels épuisés qui travaillent dans l’ombre. Des enfants accompagnés par des structures qui doivent se battre pour exister, faute de visibilité suffisante pour générer des ressources durables.

L’angle mort médiatique a des conséquences très concrètes sur des vies très réelles.

Le changement de paradigme : de la délégation à la responsabilité

Pendant longtemps, la réponse collective à ce constat a été simple : “c’est l’affaire des spécialistes”. Des éducateurs, des assistants sociaux, des juges pour enfants, des associations. Des professionnels compétents, dévoués, à qui on délègue et à qui on signe des chèques de temps en temps.

Cette logique a ses mérites. Mais elle a un effet pervers majeur : elle déresponsabilise le reste de la société. Si l’enfance est une affaire de spécialistes, alors le dirigeant d’entreprise, le citoyen lambda, le journaliste, l’élu local, ils peuvent s’en remettre aux experts et passer à autre chose.

C’est précisément ce paradigme que Défi Enfance refuse. La protection de l’enfance n’est pas une délégation. C’est une responsabilité partagée.

Ça veut dire quoi, concrètement ? Ça veut dire qu’un chef d’entreprise qui organise ses horaires sans penser à l’impact sur la vie familiale de ses salariés est concerné. Qu’un citoyen qui ne se demande jamais dans quelles conditions vivent les enfants de son quartier est concerné. Qu’un journaliste qui ne couvre l’enfance que quand il y a un mort est concerné.

Chacun, à sa mesure, peut être acteur du changement. Pas seulement les professionnels.

L’équité comme boussole

Si les enfants représentent 24% de la population, ils méritent 24% de notre attention, de nos budgets, de nos débats. Pas plus, pas moins. C’est la boussole que Défi Enfance s’est donnée : l’équité.

Pas la charité. Pas la pitié. L’équité.

Ce n’est pas “aider les pauvres enfants”. C’est reconnaître que l’attention portée aux besoins fondamentaux de chaque enfant, sécurité, exploration, développement, est la condition sine qua non d’une société qui fonctionne. Pas un bonus, pas un supplément d’âme. Une nécessité.

Et si on commence à regarder l’enfance avec cette boussole-là, tout change. Les questions qu’on pose, les budgets qu’on alloue, les causes qu’on choisit de défendre.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Défi Enfance ne demande pas à tout le monde de devenir éducateur spécialisé. Il propose quelque chose de beaucoup plus accessible : choisir d’agir, à sa mesure, là où on est.

Courir. Donner. Mobiliser son entreprise. Soutenir une association. Parler de la cause autour de soi. Chaque geste qui sort l’enfance de l’angle mort compte.

Découvrez comment participer à Défi Enfance, que vous soyez particulier, entreprise ou association. Et si vous voulez comprendre où en est concrètement le secteur de l’aide à l’enfance, découvrez les associations que nous soutenons.

L’enfance n’a pas besoin de héros. Elle a besoin que chacun fasse sa part.

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